Inter-Views - Graeme VILLERET

 

   

Graeme VILLERET

Editeur du site PopulationData.net

 (16/06/2008)

 

 

 

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Q : Malgré les efforts effectués dans quelques pays tels que la Chine et malgré ce qu’en disent certains experts, ne croyez-vous pas que la population mondiale va continuer à augmenter dans les siècles à venir jusqu'à atteindre un chiffre démesurément élevé et qu'à ce moment là des problèmes sérieux tels que le manque de nourriture viendront à se poser ? En d'autres termes, existe-t-il vraiment une différence entre l'être humain et une espèce animale qui, bénéficiant de conditions favorables sur un territoire donné, va se multiplier à l'infini et le peupler jusqu'à la saturation ?

Ne croyez-vous pas aussi que le fait que les pays industrialisés verront probablement leur population baisser dans les prochaines décennies a comme conséquence de faire oublier aux spécialistes de la question que 80 % de la population mondiale vit avec moins de 2 euros par jour et que pour eux il n’y a aucune raison que l’accroissement s’arrête ?

Et ne pensez-vous pas qu'il est plus facile de réagir face aux catastrophes en tous genres quand on est 6 ou 7 milliards d'individus que quand on est 15 milliards ou davantage parce que l’on se trouve dans ce deuxième cas, pour diverses raisons, dans des situations de grande fragilité ? En cas de famine, par exemple, qui fournira de l’aide si les ressources mondiales sont à peine suffisantes ? Et ne peut-on pas déjà prévoir que des annonces concernant la souffrance et la mort de millions de personnes seront, malheureusement, dans le futur, des choses courantes ?

Autre chose : puisque l’augmentation de la population s’accompagne désormais de la multiplication de mégapoles et de bidonvilles géants, ne pourrait-on pas s’interroger sur la moindre qualité de vie qui accompagnera l’existence de la majorité des humains dans quelques dizaines d’années ? 

Autre chose encore : puisqu'il existe de grandes différences de fécondité entre certains pays sous-développés et des pays tels que les nôtres, ceci ne doit-il pas nous conduire paradoxalement et conjointement à favoriser les naissances chez nous ou alors faire davantage appel à l'immigration (puisque la bonne santé de nos économies semble nécessiter un accroissement des « ressources humaines ») tout en essayant de convaincre tous les pays ayant une démographie galopante de réduire la croissance de leur population ? Mais comment les convaincre, qui va payer les éventuels médicaments contraceptifs et comment conseiller à quelqu’un de ne plus avoir d’enfant surtout lorsque culturellement les enfants sont une sécurité quand on avance en âge ?

Concernant le vieillissement de la population qui va intervenir surtout dans les pays développés, ne trouvez-vous pas quelque peu paradoxal que l’on s’intéresse tant au bien être qu’il faudra procurer aux personnes âgées par toutes sortes de services alors que l’on reste indifférent au sort de millions d’habitants de pays pauvres qui, pour diverses raisons et en particulier leur surnombre, sont condamnées à vivre des vies misérables ?

Enfin, puisque rien, selon moi, ne semble vraiment pouvoir stopper l'augmentation de la population mondiale, du moins avant que ne se produisent des catastrophes humanitaires majeures, ne pouvons-nous pas déjà commencer à réfléchir aux immenses problèmes auxquels seront confrontées directement ou indirectement les générations futures (famines, manque d'eau, pollution, épidémies, intoxications, guerres etc...), ne serait-ce que pour les préparer psychologiquement à ce qu'elles devront affronter ?

 

 

Interview

 

           

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