Q :
Malgré les efforts effectués dans quelques pays tels que la
Chine et malgré ce qu’en disent certains experts, ne
croyez-vous pas que la population mondiale va continuer à
augmenter dans les siècles à venir jusqu'à atteindre un
chiffre démesurément élevé et qu'à ce moment là des
problèmes sérieux tels que le manque de nourriture viendront
à se poser ? En d'autres termes, existe-t-il vraiment une
différence entre l'être humain et une espèce animale qui,
bénéficiant de conditions favorables sur un territoire
donné, va se multiplier à l'infini et le peupler jusqu'à la
saturation ?
Ne croyez-vous pas aussi que le fait que les pays
industrialisés verront probablement leur population baisser
dans les prochaines décennies a comme conséquence de faire
oublier aux spécialistes de la question que 80 % de la
population mondiale vit avec moins de 2 euros par jour et
que pour eux il n’y a aucune raison que l’accroissement
s’arrête ?
Et ne pensez-vous pas qu'il est plus facile de réagir face
aux catastrophes en tous genres quand on est 6 ou 7
milliards d'individus que quand on est 15 milliards ou
davantage parce que l’on se trouve dans ce deuxième cas,
pour diverses raisons, dans des situations de grande
fragilité ? En cas de famine, par exemple, qui fournira de
l’aide si les ressources mondiales sont à peine suffisantes
? Et ne peut-on pas déjà prévoir que des annonces concernant
la souffrance et la mort de millions de personnes seront,
malheureusement, dans le futur, des choses courantes ?
Autre chose : puisque l’augmentation
de la population s’accompagne désormais de la multiplication
de mégapoles et de bidonvilles géants, ne pourrait-on pas
s’interroger sur la moindre qualité de vie qui accompagnera
l’existence de la majorité des humains dans quelques
dizaines d’années ?
Autre chose encore : puisqu'il existe de grandes différences
de fécondité entre certains pays sous-développés et des pays
tels que les nôtres, ceci ne doit-il pas nous conduire
paradoxalement et conjointement à favoriser les naissances
chez nous ou alors faire davantage appel à l'immigration
(puisque la bonne santé de nos économies semble nécessiter
un accroissement des « ressources humaines ») tout en
essayant de convaincre tous les pays ayant une démographie
galopante de réduire la croissance de leur population ? Mais
comment les convaincre, qui va payer les éventuels
médicaments contraceptifs et comment conseiller à quelqu’un
de ne plus avoir d’enfant surtout lorsque culturellement les
enfants sont une sécurité quand on avance en âge ?
Concernant le vieillissement de la population qui va
intervenir surtout dans les pays développés, ne trouvez-vous
pas quelque peu paradoxal que l’on s’intéresse tant au bien
être qu’il faudra procurer aux personnes âgées par toutes
sortes de services alors que l’on reste indifférent au sort
de millions d’habitants de pays pauvres qui, pour diverses
raisons et en particulier leur surnombre, sont condamnées à
vivre des vies misérables ?
Enfin, puisque rien, selon moi, ne semble vraiment pouvoir
stopper l'augmentation de la population mondiale, du moins
avant que ne se produisent des catastrophes humanitaires
majeures, ne pouvons-nous pas déjà commencer à réfléchir aux
immenses problèmes auxquels seront confrontées directement
ou indirectement les générations futures (famines, manque
d'eau, pollution, épidémies, intoxications, guerres etc...),
ne serait-ce que pour les préparer psychologiquement à ce
qu'elles devront affronter ?